Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 21:35
«Aucun candidat qui n’aura pas comptabilisé une moyenne de 10/20  ne sera admis. N’aura le bac que celui qui le mérite. Le ministère de l’Education nationale et nous-mêmes, avons projeté pour le bac prochain d’apprêter le carnet de l’élève, de prendre les notes de chaque élève de la seconde à la terminale ; puis de préparer un examen qu’on appelle le pré-bac au niveau de la première. Et l’on ne sélectionnera que ceux qui ont la moyenne de 10 pour constituer les listes du bac prochain. Cela permettra de réglementer l’entrée à la candidature du baccalauréat et d’avoir des bacheliers avec un niveau acceptable», a révélé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle, Ahmad Taboye. 

Des  changements majeurs s’annoncent pour rendre plus crédible ce  parchemin jadis couru, mais qui tend à être décrédibilisé. Un arrêté daté du 18 août 2009 stipule : « Les résultats du baccalauréat de l’Enseignement du second degré, session de 2009, de tous les candidats de niveau inférieur aux classes terminales sont invalidés ». 

En prenant cet arrêté, le ministre Ahmad Taboye, a voulu frapper un grand coup dans ce qui reste aujourd’hui du bac tchadien. En effet, il est de notoriété publique que ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même. Monnayage de toutes sortes, interférence voire immixtion de certaines personnes influentes qui font de l’interventionnisme lors des délibérations compromettant gravement les résultats.
Quant aux contours de la décision de revenir sur une situation sur laquelle le jury a définitivement statué et publié, la position du ministre Taboye est plus que tranchée : « Le directeur de l’Office national des examens et concours du supérieur(ONECS), l’organe qui a remplacé l’Office du Bac et qui gère maintenant les examens et concours et délivre les diplômes, a écrit début  janvier, bien loin avant la passation du bac, un télégramme spécial à tous les chefs d’établissements leur signifiant que ne peuvent passer le bac que les candidats de niveau terminale. Le jury, les responsables d’établissements connaissent les textes statutaires sur le bac, sur son organisation, sur le niveau des candidats… ».
Sur cette base nous assistons à une situation sans précédent et dont l’analyse permet tout de suite de tirer la leçon que désormais rien ne sera plus comme avant. Et pour assurer un bac crédible aux jeunes Tchadiens, les autorités se veulent pragmatiques. 
En prenant cette option qui, a priori, est salutaire pour l’avenir d’un diplôme qui a perdu de son prestige depuis un temps, le ministère de l’Enseignement supérieur aura peut-être affaire à la procédure de sa mise en œuvre. La gangrène étant généralisée, il faudra du tact et surtout de la patience pour pouvoir espérer un jour extirper le ver du fruit. 

Boussarna Moudaï

La Voix 
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