Mardi 22 septembre 2009
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Instauré le probatoire au Tchad, voilà la nouvelle trouvaille du ministre de l'enseignement
supérieur qui croit que ce procédé permettrait de résoudre l'épineuse question de la baisse de niveau dans notre pays. Mais, c'est un véritable recul pour le système éducatif tchadien. En effet,
au moment où le probatoire est démantelé partout, voila que nous ne trouvons pas mieux à inventer qu'à essayer de lui redonner vie chez nous. Même au Cameroun voisin, unique pays dans la
CEMAC où le probatoire existe, les discussions sont très intenses en vue de son abandon. La raison fondamentale avancée est que c'est un système qui ne génère aucune valeur ajouté au système
éducatif, à part constituer un filtre pour réduire drastiquement le nombre d'admis au Bac. Alors dans ces conditions, nous importons le probatoire, puisque là aussi il faut dire très clairement,
les responsables tchadiens font toujours du copier coller avec le Cameroun, pour quel résultat? L'impasse comme au pays de Biya?
Le ministre fait vraiment dans l'agitation et l'effet d'annonce et c'est dommage que des décisions aussi importantes qui doivent faire l'objet d'une rigueur absolue, soient prises comme ça, à la
légère. Sinon qu'on nous dise, quels sont sur la base des scénarii d'études, les résultats probables auxquels le Tchad s'attend du fait de l'instauration du probatoire!
Le problème de notre système éducatif est très profond. pour qui veut le résoudre, il serait indiqué de commencer par la base, à savoir l'enseignement élémentaire et secondaire. Il faut prendre
des mesures vigoureuses, courageuses dans le sens de la dépolitisation de l'éducation se traduisant par le bannissement de la pratique de la géopolitique, le recrutement fantaisiste du personnel
enseignant, la refonte des programmes d'enseignement etc. Savez-vous que tous les candidats libres admis au bac sont tous ou presque issus du clan au pouvoir? On a vu qu'à Goz-béïda, les élèves
ont fait le miracle de boucler leur formation du primaire-secondaire-supérieur en une année avec le parchemin à la main! Les exemples de ce type sont légions. C'est là qu'il faut sévir d'abord.
Ensuite mettre en oeuvre des vraies réformes de fond.
Monsieur le Ministre, à l'ouvrage et de grâce, éviter de nous servir quotidiennement l'image d'un responsable à la réflexion légère.
Merci.