Mercredi 19 août 2009
3
19
/08
/2009
19:32
Comme l'a annoncé le général Abdel-Aziz Khoulamallah il y a quelques jours sur son blog, l'ancien Président de la République, Goukouni Weddeye est de
retour à N'Djamena.
A 65 ans (1944) l'ex-chef de l'Etat et dirigeant du GUNT est
arrivé mardi soir vers 22h30 dans la capitale tchadienne accompagné d'une dizaine de ses fidèles collaborateurs pour s'y installer définitivement après plusieurs dizaines d'années d'exil.
Selon le site internet du palais de Déby qui vient de confirmer le ralliement
au régime de l'ex-chef d'Etat, "Goukouni Weddeye qui avait annoncé, il
y a quelques années, son retour définitif au pays, décide de lier l’acte à la parole".
Réfugié en Afrique du
Nord depuis sa chute provoquée par Hissein Habré, l'ancien chef d'Etat tchadien dirige un groupe de réconciliation nationale dénommée "Groupe de Libreville" auquel appartient le très
controversé Ahmat Yacoub Dabio, récemment rallié au régime et recruté par l'équipe de Abderahman Moussa, le Médiateur national.
Déjà, "en 1993, Goukouni Weddeye revient à N’Djamena pour assister à la Conférence Nationale Souveraine. Il envisage même un moment de
s’installer. Puis il repart en exil, alarmé par le sort des Ouaddaïens et la mort d’Abbas Koty « si je venais m’installer à N’Djamena, explique-t-il, je risquais de cautionner les bavures d’Idriss Déby. »
En dépit de contacts
préliminaires avec Youssouf Togoïmi, le chef du MDJT (Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad), Goukouni Weddeye affirme qu’il n’a pas participé en 1998 à la mise en place de cette
nouvelle rébellion dans le Tibesti. Et s’il a envoyé sur le terrain l’un de ses collaborateurs, Choua Dazi, c’était (explique-t-il) pour éviter un dangereux éclatement des groupes de
combattants sur des bases locales.
Exilé en Algérie,
Goukouni Weddeye continue à suivre de près les affaires de son pays. Il travaille à la mise en place d’une table-ronde de réconciliation sur le Tchad". (cf. RFI)
Ce retour,
définitif dit-on, serait le fruit de longues tractations entre N'Djamena et Goukouni Weddeye. Il s'inscrit en tout cas dans la droite ligne de la politique d'incitation au retours d'anciens chefs
d'Etat engagée par Déby et Abderamane Moussa. Ce fut déjà le cas du général Malloum en 2002.
Ancien président du Tchad, Félix Malloum était rentré le 31 mai 2002 à N'Djamena après
23 ans d'exil. Il est décédé en juin 2009 à Paris. "Je suis heureux et j'exprime ma pensée au peuple tchadien. J'exprime également mon émotion
pour tous ceux qui ont disparu", avait déclaré l'ancien chef de l'Etat, à son arrivée où il était attendu par plusieurs personnalités, dont le ministre le ministre de
l'Intérieur, Abderahman Moussa. Promu en mars 2002 général de division par le président Idriss Deby, le général
Malloum avait bénéficié de tous les avantages accordés aux anciens présidents, notamment une indemnité mensuelle à vie de 3.000.000 FCFA (4.570 EUR), une résidence, deux véhicules avec chauffeur
et une prise en charge des frais de santé.
Le général Malloum,
auteur du coup d'Etat contre le premier président du Tchad, François Tombalbaye, a été chassé du pouvoir lui aussi par Hissène Habré et contraint à l'exil le 23 mars 1979.
Après Malloum et
Goukouny Weddey, vous devinez aisément le prochain grand retour au pays de Déby.