Samedi 19 septembre 2009
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HORTA SYVLY ALIBA: «Si mon pays ne me sollicite pas, je changerai de nationalité »
«Je compte servir mon pays mais si d’ici 2 ans on ne me sollicite pas, je
changerai de nationalité». Ainsi s’exprime HORTA SYVLY ALIBA, jeune handballeuse tchadienne qui évolue en France. La jeune sportive professionnelle se sent oubliée et regrette la non
participation de son pays dans de compétitions internationales.
A 24 ans, Horta Aliba est l’une des pièces maîtresses de son équipe, Celles sur Belle, en France. Bien que déçue par le manque de compétitions de l’équipe nationale du Tchad, la jeune fille n’en
démord pas et souhaite marquer son passage dans le handball en s’inscrivant dans le livre d’or. «Je veux jouer à un haut niveau aussi longtemps que possible en France et pour l’équipe nationale
de handball du Tchad», déclare-elle avec conviction.
Née le 15 septembre 1985 à N’Djamena, la capitale du Tchad, c’est à l’école primaire Annexe d’Ardepdjoumal qu’elle a découvert sa voie à travers les cours d’Education physique et sportive (EPS)
imposé à tous les enfants. Et depuis cette tendre enfance, son talent est loin de se consumer.
Son passage au centre de formation de Handball d’Emmanuel Madjingar vient renforcer ses potentialités. Horta a alors attiré l’attention d’Asnodji Sanengar, entraineur du club PMU (Pari mutuel
urbain) devenu Pétro-Sport. Avec ce club, elle a gagné dix fois le championnat du Tchad lui donnant ainsi la chance de développer son handball et d’aiguiser son rêve de devenir joueuse
professionnelle.
En 2002, grâce à un repérage effectué par Brigitte Blois venue au Tchad dans le cadre d’un projet du développement de handball féminin, Horta s’envole vers la France pour un stage de formation.
Après trois mois de test, elle confirma sa place et a dû regagner son pays pour les formalités d’usage avant de repartir en France. La galère commence pour la jeune sportive qui a couru derrière
le visa pendant deux ans avant de l’obtenir.
La jeune fille obtient finalement son contrat de joueuse professionnelle et s’établit au pays de Nicolas Sarkozy, en 2004. Son contrat lui a permis de jouer pendant trois ans en D1 à
Angoulême. Avec ce club, elle fut deux fois championne de France (2006 et 2007) avant de quitter pour Poitiers où elle a joué pendant un an. Après Potiers, elle décide de poser sa valise au club
de Celles sur Belle où elle a signé pour deux ans. Horta fait partie des rares joueuses de handball qui jouent dans deux postes à la fois. Aujourd’hui, elle est capable de jouer au poste
d’arrière gauche et droit.
Parallèlement à sa carrière professionnelle, Horta encadre depuis 2004 les écoles de handball et intervient au niveau des écoles pour faire des animations en handball. Elle entraine aussi
les moins de 14 ans. Une expérience qu’elle compte mettre au service de sa nation le Tchad.
Depuis son départ du Tchad d’il y a cinq ans, Horta n’a pas livré un match international avec l’équipe nationale du Tchad. Pourtant disponible à jouer à tout moment pour son pays, Horta affirme
que personne n’a osé lui faire appel pour quoi que ce soit. Son dernier coup de main à l’équipe nationale date de décembre 2008 lorsque la jeune fille était en vacances à N’Djamena. Ce, juste
pendant les entrainements de l’équipe nationale pour la préparation d’une sortie internationale.
Face à cette indifférence de la fédération, elle avoue : « je suis prête à défendre les couleurs du Tchad mais jamais on me fait appel pour renforcer l’équipe nationale. Dans ce contexte comment
pourrai-je défendre mon pays ?», s’interroge-elle. Elle pousse sa pensée plus loin par une déclaration plus mordante : « je compte servir mon pays mais si d’ici 2 ans on ne me sollicite pas, je
changerai de nationalité».
Ne doutant pas du niveau de ses sœurs tchadiennes, elle essaie au tant que peut se faire de faire, de propositions aux clubs en Europe, mais les tchadiennes ne sont toujours pas les bienvenues.
Principale raison : les handballeuses tchadiennes ne sont pas connues dans cette discipline sur le plan international. Horta les exhorte à faire plus d’efforts et un jour, elles feront briller le
tricolore tchadien. Et pour y arriver, seul le travail compte.
Alexis Djimasra – Monrovia-Liberia
Source :
Article publié par www.RAFIGUI.Net | 07/09/2009